EN création

Passeports pour la liberté (Histoire de Samira)

Stéphane Beaud et Samira Belhoumi: Entretiens inédits 2012/2013 

(Premiers jalons du livre-enquête de Stéphane Beaud: 

La France des Belhoumi, portraits de famille, 1977-2017. La Découverte, Paris, 2018) 

 

Une production Passeurs de mémoires 

Avec le soutien de l’ANCT ( Agence nationale à la Cohésion des Territoires), et de la DILCRAH. 

 

Adaptation et mise en scène : Dominique Lurcel 

Jeu : Nadia Larbiouene et Dominique Lurcel 

Durée : 1 heure 30

 

 Spectacle créé au Lycée de la Martinière  Lyon, le 21 janvier 2021 (69)

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samira et son grand-père

EN LIEN AVEC CE SPECTACLE, LE PROJET MENÉ EN AMONT, AVEC LES Lycéens de Villeurbanne.

"Les Belhoumi, la France et nous"

FILMÉ PAR ACTE PUBLIC COMPAGNIE

Les Belhoumi, la France et nous

Le livre : Stéphane Beaud/ La France des Belhoumi, portraits de famille, 1977-2017 (La Découverte, 2018) 

Entre 2012 et 2017, cinq années aux contextes politiques particulièrement sensibles, le sociologue Stéphane Beaud s’est passionné pour le destin d’une famille algérienne installée en France depuis quarante ans, famille composée des parents et de huit enfants -cinq filles et trois garçons.

Une enquête chorale, collective mais faisant aussi la part belle à l’histoire individuelle de chaque membre de la fratrie : l’histoire d’une lente  «intégration silencieuse», aux chemins parfois contrastés, mais résolument à contre-courant des visions dramatisantes, victimaires – et pessimistes- qui accompagnent trop souvent ce type d’enquêtes. Et une histoire qui, en abordant toutes les questions (rôle des parents, importance de l’école, lieu de vie, rapport au religieux et au politique, discriminations, etc.) interroge du même coup celle de bien d’autres familles – ce qui les différencie les unes des autres, et ce qui les réunit. Et pour quelles raisons. 

Le « puzzzle Belhoumi » apparait peu-à-peu à nos yeux. Dans la construction et le destin de chacun(e), tout joue, tout fait sens : le lieu de naissance – Algérie ou France - l’ordre des naissances ; les craintes et les attentes genrées des parents ; les rôles déterminants des enseignants rencontrés en chemin ; le poids des interdits culturels ; les difficultés financières de la famille ; des confrontations à des formes différentes de discriminations... Mais aussi les différences d’âge : seize ans séparent l’ainée (Samira) de la « petite dernière » (Nadia). En même temps que la famille Belhoumi s’agrandit, la société française évolue. Pas toujours dans le sens de l’ouverture à l’autre. Et au cours même de l’enquête, l’Histoire, tragiquement, entre en scène. 

Reste que chacun(e) des membres de la fratrie Belhoumi- à sa façon, au gré des chemins (parfois de traverse, jamais faciles) qu’il ou elle emprunte-, chacun(e) apporte son poids émouvant d’humanité et ajoute sa part de complexité à la construction de ce tableau familial, à la fois banal et exemplaire. 

Samira

Un visage, pourtant, se détache d’emblée de ce portrait de groupe. Celui de Samira, la soeur ainée, la

première de la fratrie. Dès les premières pages de son enquête, Stéphane Beaud lui reconnait une

place privilégiée : certes pour son rôle déterminant dans le déclenchement de l’enquête et le pacte

initial qu’elle scelle avec lui ; pour le nombre d’heures d’entretiens qu’elle lui accorde ; pour sa capacité

aussi à entrainer dans son sillage tout le reste de la famille ; pour sa vigilance, durant les cinq ans qu’a

duré l’enquête, pour que nul(le) ne s’en exclue ou n’en soit exclu(e): une place qui n’est, en réalité,

que le reflet de celle, prépondérante, qu’elle occupe au sein de la fratrie –et de la stature morale que

celle-ci, dans son ensemble, lui reconnait sans réserve.

La silhouette de Samira émerge ainsi comme une sorte de « figure de proue familiale », une Victoire.

Mais - et c’est l’autre aspect remarquable du personnage - cette victoire, Samira l’a remportée de haute

lutte, tout au long d’un chemin de vie parsemé d’obstacles qu’elle a dû surmonter, de pesanteurs

sociales avec lesquelles elle a dû, en partie du moins, pactiser, d’interdits avec lesquels il lui a fallu

ruser, de stratégies auxquelles elle a dû avoir recours, au sein même de sa famille, et ce dès son

enfance. Ainsi, au fil des paroles qu’elle confie à Stéphane Beaud, se dessine le portrait d’une femme

à la volonté calme et farouche, une lutteuse obstinée, entièrement portée vers le partage et la

transmission. Ainsi Samira nous offre-t-elle, comme en passant, en toute modestie et en toute

universalité, l’histoire de sa longue marche, obstinée, vers sa liberté.

Le spectacle

Stéphane Beaud m’a confié, avec l’accord de Samira, l’intégralité de leurs deux premiers et longs

entretiens, dont seuls quelques passages figurent dans La France des Belhoumi. Le spectacle ne vise

pas d’autre ambition que celle de transmettre le contenu de ces entretiens, dans la plus grande fidélité.

De faire entendre, avec la plus grande clarté possible, l’histoire d’un trajet qui renvoie à beaucoup

d’autres semblables, et qui peut servir, sinon de modèle – le mot fleure trop sa dimension

pédagogique - du moins de repère et de source de questionnements à bon nombre d’adolescents, et

tout particulièrement, d’adolescentes. Est donc préservée la forme initiale de l’entretien, de

l’échange, ouvert et plein de vie, même si, bien sûr, il a fallu « tailler dans la masse », en fonction de la

durée maximale du spectacle ; en fonction aussi du droit de regard (très discret !) que Samira a

légitimement exercé sur l’adaptation.

On a opté, dès l’origine, pour un spectacle d’une légèreté technique extrême, dans une scénographie

minimaliste, susceptible d’être joué partout, et de pouvoir se dérouler sans installation lourde, dans

comme hors les murs d’un théâtre, dans des lycées, des médiathèques, des structures associatives,

voire en appartement, « chez les gens », en privilégiant, dans tous les cas, la plus grande proximité

avec le public.

Dominique Lurcel

L’EQUIPE

           

 

 

            Nadia Larbiouene, comèdienne

 

 

      Après une licence d'Art du Spectacle, Nadia poursuit sa formation auprès de diverses compagnies lyonnaises et parisiennes en théâtre, danse, clown et chant. 

Comédienne et metteure en scène, elle travaille depuis 2001 sur de nombreuses créations : Les Revenantes, elles sont là pour témoigner ; Frida Kahlo, Esquisse de ma vie ; Autour de Copi ; Hamlet Machine ; Ovide Métamorphosé ; Sophie Scholl, Résistance d’une jeunesse ; Une Journée Particulière ; Inconnu à cette Adresse ; En Algérie, En Poésies ; Carnaval des Animaux (conte bilingue Français / LSF) … 

Elle participe également à des projets audiovisuels (cinéma, téléfilms et courts métrages), et elle pose sa voix sur des documentaires France 3. 

Elle est aussi intervenante théâtre auprès des écoles de commerce, de communication ainsi que dans plusieurs structures, notamment auprès d’enfants en situation de handicap. De cette aventure, elle participera à l'écriture du livre « l'Art à la rencontre de l’autre ». 

En 2009, Nadia se forme au théâtre de l'Opprimé et pratique depuis le "Théâtre Forum ». 

Depuis 2013, elle est co-directrice de la compagnie de théâtre engagé Novecento. 

Un parcours professionnel récompensé : 

Le Ministère de la Culture, représenté par Mme Françoise Nyssen, lui décerne, au titre de la promotion de l’été 2017, le grade de "Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres" pour sa contribution et son engagement au service de la culture de notre pays. 

Nadia avait déjà été invitée à l'Elysée en 2015 à l'occasion d’un événement national organisé pour le 8 Mars à l'initiative du Ministère en charge des droits des femmes, sous l'intitulé "Elles font la France". Nadia a été l'une des 100 femmes invitées à l'Elysée, choisies pour l'originalité de leurs parcours, pour échanger avec le président Hollande et les ministres chargées des droits des femmes sur le sujet de l'égalité entre les femmes et les hommes. 

La lumière : Guislaine Rigollet

Diplômée de l'ENSATT en 2001 du département réalisation lumière, après un mémoire de fin d’études consacré aux interactions entre la lumière et les textiles (« lumière et textiles : de l’opacité à la transparence »), elle s’intéresse à toutes les formes de spectacle vivant.

Abordant les projets en « artisan » au service du spectacle, c’est par l’écoute et l’échange qu’elle essaie de proposer une lumière juste, sensible et efficace, qui passe souvent par la simplicité.

En 2016, elle se forme au mapping vidéo. Elle explore ainsi l’intégration de la vidéoprojection à sa pratique de la lumière (mouvement, matière, cadrage…), à exploiter pour éclairer les corps et modeler l’espace scénique, et non uniquement pour projeter un média sur un écran.

Comme éclairagiste, elle met en lumière des spectacles de théâtre, de danse et des ensembles musicaux. Elle collabore entre autre avec les compagnies Ariadne/Anne Courel, Brainstorming Cie, Chiloé/Isabelle Paquet, A Corps Bouillon/Cécile Bergame, La Baraka/Nawal Lagraa,… En collaboration avec Ludivine Defranoux , elle aborde l’installation plastique avec un travail autour de  Barbe Bleueet du féminisme.

Régisseuse lumière, elle tourne en France et à l'étranger : pour la marionnette (Cie Philippe Genty, Cie MA, Cie Chiloé), pour le théâtre (Cie Parnas/Catherine Marnas, Cie Michel Raskine, Les trois 8, Cie Passeurs de mémoires, Cie Brainstorming, Cie feu Follet, …), pour la danse (Cie Kafig, Cie Le grand jeté, Arushi Mugdal/Roland Auzet)

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