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Création

Un ciel rempli d'oiseaux

d'Antoine Choplin (La fosse aux ours, 2021)

Un spectacle de l’association Théâtre au village

En compagnonnage avec la Cie Passeurs de mémoires

 

Versio scènique et mise en scène : Dominique Lurcel

Jeu : Juliette Savioz

Lumière et vidéo : Guislaine Rigollet

Durée : 1H

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Ceija Sotjka (1933-2013), née en Autriche au sein d’une famille Rom, est très rapidement victime des discriminations raciales : déportée à l’âge de dix ans à Auschwitz, puis Ravensbrück et Bergen-Belsen, elle échappe à l’extermination avec une partie de sa famille. Analphabète puis autodidacte, elle apprend à lire et écrire autour de la quarantaine.

A partir des années 80, elle se lance dans un formidable travail de mémoire : par l’écriture, d’abord -poèmes et prose- puis, à partir de la soixantaine et jusqu’à sa mort, en transformant sa cuisine en un immense atelier de peinture : plus d’un millier d’œuvres, encres, gouaches et acryliques sur toile ou papier, témoignage exceptionnel de son expérience concentrationnaire, contre l’oubli et le déni, mais aussi œuvre illuminée par les images chatoyantes de l’enfance, et portée, sans la moindre faille, par une force de vie invincible.

Les dernières années de sa vie, elle devient très célèbre en Autriche, tant par ses œuvres que par son ouverture au monde, et son action infatigable en faveur de la dignité des Roms et des Tziganes. En France, révélées par une très importante exposition parisienne en 2017, son œuvre et sa personnalité lumineuses ne cessent de rencontrer depuis,, jour après jour, davantage d’admirateurs, passionnés et bouleversés.

Antoine Choplin

Antoine Choplin, dont l’écriture discrète, sensible, toujours empreinte du plus grand tact, aborde régulièrement les moments les plus tragiques de l’histoire du XXe siècle (Guernica, Tchernobyl, Terezin, etc.) en les plaçant chaque fois à hauteur d’homme a publié une vingtaine de livres, romans, récits, poésie parmi lesquels :

Radeau (éd. La Fosse aux ours, 2003), Le Héron de Guernica (éd. du Rouergue, 2011), La nuit tombée (éd. La Fosse aux ours, 2012), Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar (éd. La Fosse aux ours, 2017), Partie italienne (ed. Buchet Chastel, 2022), la barque de Masao, (ed. Buchet Chastel, 2024). Il est lauréat de plusieurs prix parmi lesquels le Prix Lettres- Frontières et le Prix du Roman France-Télévisions en 2012, le Prix Louis Guilloux en 2017. Son œuvre, traduite en plusieurs langues, a fait l’objet de diverses adaptations théâtrales.

Par ailleurs il a animé l’association Scènes obliques qu’il a fondée en 1992 avec le souhait d’inventer à la culture vivante d’autres formes de médiation au profit de tous, en prise avec les paysages de montagne. Dans ce cadre, il fut notamment, de 1996 à 2023, directeur artistique du Festival de l’arpenteur et du projet CAIRNS «Rencontres internationales de proximité », et a donné jour à l’émergence d’un Es-pace Culturel International de la Montagne en Isère.

Ce qu’il dit de sa rencontre avec Ceija Stojka…

«La découverte de l’oeuvre de Ceija Stojka a été, littéralement, un saisissement. Une

étreinte véritable. Au sens où j’ai éprouvé d’emblée, et pour de bon, l’accolade qu’elle

me donnait par la grâce brute et enveloppante de ses peintures et de ses écrits. Son

chemin de vie, celui d’une femme rom autrichienne née en 1933, rescapée des camps,

longtemps considérée comme analphabète, exalte davantage encore la force de son

travail de témoignage, et l’énigme splendide qui l’a conduite à devenir artiste. Douce-

ment, le désir de me glisser, par l’écriture, au plus près d’elle, s’est imposé. Certains

jours, je peux sentir combien elle m’accompagne, au point de deviner son épaule, pas

loin. »

…et ce qu’il dit du spectacle :

« Il y a parfois cette justesse éprouvée du geste théâtral. Que l’auteur mesurera d’em-

blée à l’aune d’une double étoffe : préserver, transfigurer le texte. Même si l’essentiel

sera ailleurs. Car c’est, au fond, de Ceija Stojka qu’il s’agit. Et seulement d’elle. Son

chemin de vie impose des exigences qui confinent au paradoxe, quand le drame y cô-

toie la joie inextinguible, quand la force de création fraie avec l’énigme insoluble de sa

source.

La mise en scène de Dominique Lurcel, le jeu de Juliette Savioz relèvent le défi avec la

grâce d’une profonde et indispensable sobriété. Mais tout y est. La couleur et les pé-

nombres. Les larmes, les bonheurs espiègles. Sans oublier cet appétit aiguisé pour les

oeuvres de l’artiste Stojka. En découvrant ce travail théâtral, j’ai pensé à une poignée

de main. Celle que, dans cette même humanité, simple et authentique, Ceija aurait

sans doute pu nous tendre. »

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     L’EQUIPE

 

DOMNIQUE LURCEL

 

Enseignant pendant 30

ans –dont 15 passés au

Lycée autogéré de Paris

qu’il a contribué à fon-

der -, Dominique Lurcel

n’a jamais cessé de pra-

tiquer le théâtre. Etudes

universitaires avec Ber-

nard Dort, théâtre étudiant avec Philippe

Léotard. Une rencontre fondatrice avec Ar-

mand Gatti en 1968, point de départ de 30

ans de compagnonnage –il mettra en scène

cinq de ses pièces. Nouvelle rencontre avec

Jean-Louis Barrault, qui monte, en 1986, son

Théâtre de Foire, publié trois ans plus tôt.

A partir de 1989, il met en scène Büchner,

Diderot, Annie Ernaux, Musset, Dubillard. Et

Lessing, dont il monte Nathan le sage en

1996. L’année précédente, il a été invité au

Festival d’Avignon, où il a créé Primo Levi et

Ferdinando Camon : Conversations – un

spectacle qui se joue encore aujourd’hui

(plus de 180 représentations).

En 1997, il fonde en Ile-de-France sa Cie,

Passeurs de mémoires. Depuis cette date,

18 créations, dont Mistero Buffo Caraïbe

(textes de Dario Fo), Soliloques et Stabat

Mater Furiosa (Jean-Pierre Siméon), Mange-

moi et Debout (de Nathalie Papin), Une sai-

son de machettes (Jean Hatzfeld), Folies co-

loniales, Algérie années 30 (montage de

textes historiques) , Le Contraire de l’amour

(Journal de Mouloud Feraoun, 1955/1962),

L’Exception et la règle (Brecht), Pays de mal-

heur (Younès Amrani et Stéphane Beaud),

Comme si j’étais à côté de vous (lettres de

Diderot à Sophie Volland)…

               

                  

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En 2015, suite aux attentats de janvier, il a décidé de mettre en scène, pour la troi-

sième fois, Nathan le sage, dont la création a eu lieu en janvier 2017. Après une

série parisienne en avril-mai 2017, le spectacle est joué régulièrement (40 repré-

sentations fin 2018) et est assuré de tourner jusqu’en 2019/2020. Fin 2019, il a

créé à Lyon L’Amérique n’existe pas, textes de Peter Bichsel.

Par ailleurs, entre 2018 et 2019, il a mis en place un travail avec plusieurs lycées

professionnels de Villeurbanne (70 lycéens et lycéennes) autour du dernier livre de

Stéphane Beaud :La France des Belhoumi, portraits de famille, 1977-2017 –avec le

soutien du Rize, Centre culturel de Villeurbanne et du Rectorat de Lyon. A la suite

de quoi, il a créé, en janvier 2021, le dialogue Passeports pour la liberté, entretiens

entre Stéphane Beaud et Samira Belhoumi, un spectacle demandé dans toute la

France (plus de 250 représentations au 1er avril 2026) et toujours actuellement en

tournée.

En 2024, à la demande d’associations de rescapé/e/s tutsi, il met de nouveau en

scène Une saison de machettes, à partir des paroles de tueurs hutu recueillies par

Jean Hatzfeld (Lausanne, Paris, Lyon et tournées).

Il vient de créer à Lyon ( avril 2026) Rêver Debout, adapté de l’œuvre éponyme de

Lydie Salvayre, hymne vibrant à Don Quichotte, héraut de la liberté, de la justice et

de l’utopie…

Mai 2018, Passeurs de mémoires est devenue une Cie de la région AURA.

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JULIETTE SAVIOZ

La comédienne évolue depuis plus de trente ans à la jonction du théâtre et du social, au plus proche des réalités humaines, car le monde

et la scène se mêlent, indissociables, l’un et l’autre n’ayant de cesse de se raconter.

Elle est présidente de la compagnie Théâtre au village depuis dix ans (48 adhérents, 6 projets en cours. Depuis une vingtaine d’années, elle

est membre du conseil d'administration de Scènes Obliques.

En 2019, elle fonde le festival Palindrome, en lien avec deux associations culturelles de Belledonne – festival de théâtre contemporain jeunesse https://festivalpalindrome.fr

Parcours de comédienne:

Ses débuts, dans les années 1990, sont marqués par le Théâtre du Réel, une compagnie grenobloise orchestrée par Yves Doncques. A partir de 2000, elle travaille avec plusieurs compagnies et metteurs en scène, sur des formes pour deux ou trois comédiens/ musiciens, qui permettent de développer un théâtre qui s'inscrit dans un réseau de partage et de proximité. A partir de 2010, Philippe Curé, fondateur du festival Texte en l'Air de Saint Antoine de l'Abbaye et metteur en scène, la sollicite pour jouer en binôme "Histoires d'hommes" de Xavier Duringer. Une tournée de plusieurs années fait suite. En parallèle, elle développe un travail de lecture à voix haute dans des espaces de créa-

tion.

En 2016, Sylvie Cleyer lui propose d'intégrer la Cie Contrebande afin de jouer dans "Festen" de Thomas Vinterberg, Mogens Rukov, Bo Hansen. Par ailleurs, elle réunit lemetteur en scène Henri Thomas et sa propre compagnie, pour une lecture théâtralisée "D'un retournement l'autre" de Frédérique Lordon. Elle se consacre à des créations de lectures à voix haute (Festival de l'arpenteur : textes de Tabucchi, Cortazar, ou auteurs de poésies étrangères...). Denis Poitou et les HotFour, musiciens jazz, se rapprochent d’elle pour interpréter Giulietta, dans "Bégo". Ce monologue entremêlé de jazz, rend hommage à Sydney Bechet et Django Reinhardt et fut joué jusqu'en novembre 2020.

Depuis 2021, elle explore l'univers de Ceija Stojka, avec "Un ciel rempli d'oiseaux" d’Antoine Choplin; un élan de vie, d’art et de poésie mis en mouvement par Dominique Lurcel, metteur en scène de la Cie Passeurs de mémoires (LYON). En 2024 est créé « 4 saisons à la colonie » un concert/lecture où se mêlent la lecture des lettres des enfants d’Izieu (comédiens Dominique Lurcel et Juliette Savioz) et l’ensemble baroque de l’hôtel Dieu qui interprète l’œuvre les 4 saisons de Vivaldi. Cette création fut proposée à la Cathédrale de Belley et à la Bourse du Travail à LYON. En 2024 elle réalise également la voix off du film « Kumulipo, aux origines de la diversité cosmique », à la croisée des genres, de l’art poétique et de l’astronomie, film de Gérard Kosicki et Jérôme Bouvier.

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