Mise en scène : Dominique Lurcel

Scénographie : Danièle Rozier

Costumes et accessoires : Elisabeth de Sauverzac

Lumière : Philippe Lacombe 

Son : Patrick Martinache

Régie Générale : Laurent Vergnaud ou Sylvain Villair

Jeu : Sandrine Nicolas (création) Amélie Amphoux (reprise): Alia - Tadié Tuéné (création) Lyazid Khimoun (reprise): L’Ogre - Guillaume Ledun et Perrine Lurcel : Des enfants et les Dévoreurs

Coproduction : Passeurs de Mémoires - Très Tôt Théâtre - L’Yonne en Scène - Avec le soutien du ministère de la Culture et de le Communication (DRAC Île-de-France) - L’aide à la création du Thécif - Région Île-de-France et le soutien de l’ADAMI - Avec la participation de l’Apostrophe Scène Nationale de Cergy-Pontoise et de la bibliothèque Elsa Triolet de Bobigny.

 

Création à Quimper en Novembre 2000.Théâtre Dunois - Paris 2002. Tournées en France de 2000 à 2004.

200 représentations

 

La Pièce

Une petite fille boulimique, Alia, qui fuit les moqueries de ses copains... Un ogre “anogrexique” qui, écoeuré par la chair fraîche des enfants, préfère engloutir des paysages et des horizons... Mais la beauté ne suffit pas à nourrir son ogre et ce dernier est menacé de disparition.

Pour le sauver, Alia va parcourir la Terre à la rencontre des Dévorants : le Mangeur de Mémoire, la Dévoreuse de Temps, Celui qui “dévore des yeux”, la Dévoreuse de Livres...

Dans une écriture économe et profonde, poétique sans fioritures, l’histoire de deux re-naissances et de plusieurs co-naissances, une fable sur l’être avec les autres : sur la faim d’amour. Du très beau “théâtre d’apprentissage”, drôle, tendre et grave.

 

Interview 

de Dominique Lurcel par Hélène Kuttner*

(Octobre 2000)

 

Mange-Moi c’est un drôle de texte de théâtre. Il peut être adressé aux enfants, mais les adultes y trouvent aussi matière à réflexion.

C’est ce que j’aime dans l’écriture de Nathalie Papin : elle ne se préoccupe ni du public, ni du metteur en scène. Son écriture est extrêmement travaillée. Elle creuse l’essentiel, mais avec très peu de mots, comme dans les tragédies grecques. Elle permet à l’imaginaire de fonctionner, en créant un mouvement. Plus on lit la pièce, plus on y découvre une extraordinaire richesse de thèmes à explorer. Après, c’est bien sûr au metteur en scène de trouver des solutions!

Quels sont les thèmes qui parcourent la pièce ?

Il me semble que le thème essentiel est la quête de vie. Dans son dernier essai intitulé Un merveilleux Malheur, Boris Cyrulnik explique le phénomène de la résilience, comment des enfants fortement traumatisé parviennent à transformer leur malheur en richesse de vie. La pièce parle d’un enfant qui est fermé, seul, malheureux, rejeté par les autres, qui va apprendre la vie à la suite d’une série de rencontres initiatiques. Ce qui est beau, c’est que l’enfant ne se contente pas d’apprendre, il transforme les gens qu’il rencontre. Le personnage d’Alia, par petite touches successives, fait bouger les autres. Tous les “Dévoreurs” qu’elle rencontre, évoluent à son contact. C’est une histoire de relation à l’autre qui fait avancer l’humanité.

 

Est-ce à dire qu’il faudrait dévorer l’autre, le digérer, pour mieux le connaître et se connaître soi-même?

Il y a un rapport à la dévoration qui n’est pas boulimique, ni hystérique. L’ogre, par exemple, est un esthète. Il ne veut plus avaler des enfants, alors il avale des horizons, des couchers de soleil et des paysages. Il se nourrit de beauté, ce qui d’ailleurs ne le nourrit pas. Il est menacé de disparition, il est aussi en échec par rapport à sa position d’ogre. C’est la rencontre de ces deux échecs qui va construire quelque chose. Le Mangeur de Mémoire fait autre chose que dévorer : il nettoie, élague, dépoussière.

Il y a quand même l’idée, dans la pièce, qu’il faut être mangé, dévoré, qu’il faut disparaître totalement pour renaître.

C’est vrai que le ventre de l’Ogre est une matrice. L’Ogre est une deuxième mère. Il ne dévore pas Alia, il l’héberge,  il l’accueille dans son ventre. Alia aura besoin de lui et des autres dévoreurs pour trouver son chemin. Nous trouvons cette idée dans les autres pièces de Nathalie Papin : la première mère n’est jamais la bonne, il faut en trouver  une autre. La pièce est finalement assez orientale, teintée d’une douceur, d’une rondeur qui pourrait s’apparenter au Bouddhisme. Prendre le temps de vivre, de digérer, de gérer le temps. Vivre tout simplement.

Comment avez-vous choisi de résoudre les contraintes techniques que posent des personnages monstrueux, démesurés, mythiques?

Par la suggestion. Il n’y aura pas de ventre sur scène. La scénographie sera foraine, à l’aide d’éléments mobiles sur scène. L’imaginaire naîtra de la métaphore et des sons. Je pense souvent à ce qu’en ferait un Bob Wilson... mais nous travaillons avec des moyens beaucoup plus réduits. De même, la comédienne qui interprète Alia n’est pas grosse. par son agilité et sa finesse, elle figurera cette idée de rondeur et de plénitude. 

* Hélène Kuttner

est journaliste notamment à L’Avant-Scène Théâtre, à Paris Match et à Radio J

CLIC en + : 

L’auteur : Nathalie Papin

Comédienne, clown, mime et auteur, elle travaille d’abord comme comédienne, puis entre 1989 et 1994, réalise plusieurs mises en scènes. Elle se consacre à la formation au théâtre jusqu’en 1995, notamment en tant que responsable du secteur théâtre à la Fédération des Oeuvres Laïques. Elle a été chargée de mission pour le jeune public au centre d’Arts Le Carré Magique de Lannion, dont elle a fait la programmation 1996/97, avant de devenir responsable de la programmation théâtrale à l’Office départemental de développement culturel des Côtes d’Armor.

Mange-Moi est sa première pièce. Depuis elle a également écrit Debout, en tout une douzaine de pièces toutes publiées par les éditions L'École des loisirs.

Elle reçoit en 2002 le prix de l'ASTEJ (regroupement des associations suisses pour le théâtre jeunesse) pour Le Pays de rien3.

Son travail est recommandé sur la liste des textes officiels de l'Éducation nationale française. La majorité de ses œuvres a été portée à la scène5. Certains de ses textes ont fait l'objet d'adaptation et de création radiophoniques par France Culture6.

 

 

 

 

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